C'est la question qui arrive juste après celle du prix : faut-il partir sur une plateforme comme Wix ou Squarespace, sur WordPress, ou faire développer un site sur mesure ? On me la pose souvent en s'attendant à ce que je réponde « sur mesure, évidemment ». Ce serait malhonnête. Les trois ont un vrai domaine de pertinence, et il m'arrive régulièrement de conseiller à quelqu'un de ne pas faire appel à moi. Voici comment je raisonne, et le seul critère qui compte vraiment au moment de trancher.
Trois solutions, et aucune n'est mauvaise
Wix et Squarespace sont d'excellents produits, utilisés par des millions d'entreprises dans le monde. WordPress fait tourner une part immense du web, du blog de quartier au site de grand média. Le sur-mesure, c'est ce que je fais tous les jours. Aucune de ces trois familles n'est une arnaque, aucune n'est dépassée. Ce sont trois outils différents, pensés pour des besoins différents, et le débat « lequel est le meilleur » n'a pas plus de sens que « vaut-il mieux un vélo ou une camionnette ».
Le mauvais réflexe consiste à choisir l'outil avant d'avoir défini le besoin. On entend « WordPress, c'est le standard » ou « le sur-mesure, c'est mieux », et on part là-dessus. La bonne démarche est inverse : partir de ce que le site doit faire, de qui va s'en occuper au quotidien, et du temps que vous comptez le garder. L'outil se déduit de ces trois réponses, il ne se choisit pas avant.
Une précision utile avant d'aller plus loin : je vends du sur-mesure. Vous avez donc parfaitement le droit de lire ce qui suit avec méfiance. C'est justement pour ça que je vais être précis sur les cas où me contacter serait un gâchis d'argent. Un client mal orienté n'est content ni le premier mois, ni le troisième, et je préfère perdre un devis que perdre une réputation.
Les constructeurs en ligne : plus souvent le bon choix qu'on ne le dit
Un constructeur comme Wix ou Squarespace, c'est un site qu'on assemble soi-même dans son navigateur, en déplaçant des blocs sur une page. Vous payez un abonnement mensuel et tout est compris : l'hébergement (l'endroit où le site est stocké), les mises à jour, la sécurité, les modèles de pages, le formulaire de contact. Aucune ligne de code à écrire. C'est très bien fait, et c'est le résultat d'années de travail d'équipes solides.
Quatre situations où c'est clairement la bonne réponse. Vous avez besoin d'une page unique en ligne pour demain. Votre budget total tient en quelques centaines d'euros. Vous voulez tout gérer vous-même, sans jamais dépendre de personne pour changer une photo. Ou vous testez une activité dont vous ignorez encore si vous la poursuivrez dans six mois. Dans ces quatre cas, m'appeler serait une perte de temps et d'argent pour vous.
Je le dis sans détour parce que c'est vrai : personne n'a besoin d'un développeur pour mettre en ligne une présentation simple avec un bouton d'appel et un formulaire. Si vous lancez une activité à côté de votre emploi, sans savoir où elle vous mènera, prenez un abonnement, publiez, et voyez ce que ça donne. On refera les choses proprement le jour où l'activité tiendra debout toute seule. Pas avant.
Ce que vous acceptez en échange
Un constructeur en ligne fonctionne dans un cadre. Tant que votre besoin entre dans ce cadre, tout va bien, et c'est le cas plus souvent qu'on ne l'imagine. Le jour où vous voulez quelque chose que la plateforme n'a pas prévu (une logique métier particulière, un affichage précis, un lien avec votre logiciel de gestion), la réponse est souvent non. Pas par mauvaise volonté : l'outil est conçu pour couvrir les besoins les plus courants, pas les vôtres en particulier.
Deuxième point, le plus important : l'abonnement ne s'arrête jamais. Ce n'est pas un achat, c'est une location, et c'est écrit noir sur blanc, personne ne vous le cache. Tant que vous payez, le site est en ligne. Le jour où vous arrêtez, il s'éteint. Vos textes et vos images restent les vôtres, vous pouvez les récupérer, mais le site en tant que tel ne vous suit pas ailleurs : il est né dans la plateforme, il y reste.
Troisième point, plus discret : la vitesse et la finesse du référencement ont un plafond. Les plateformes ont beaucoup progressé sur ce terrain et il ne faut pas raconter n'importe quoi là-dessus. Mais vous héritez de leur structure technique, avec ce qu'elle embarque, et vous ne pouvez pas descendre sous le capot. Pour beaucoup d'activités, ce plafond reste très au-dessus du besoin réel. Pour d'autres, il devient bloquant du jour au lendemain.
WordPress : le compromis le plus répandu
WordPress est ce qu'on appelle un CMS, un système de gestion de contenu. En français simple : un tableau de bord dans lequel vous écrivez vos pages, publiez vos actualités et changez vos photos sans toucher à une ligne de code. La différence majeure avec un constructeur en ligne, c'est que WordPress est libre et gratuit : vous l'installez chez l'hébergeur de votre choix, et l'installation vous appartient vraiment.
C'est un très bon choix dans plusieurs cas. Si vous publiez beaucoup de contenu (articles, actualités, fiches), l'outil est taillé pour ça depuis plus de vingt ans. Si vous tenez à pouvoir changer de prestataire sans tout refaire, l'écosystème est immense et à peu près n'importe quel professionnel sait reprendre un site WordPress existant. Et si vous avez besoin d'une fonction un peu spécifique, il existe très souvent une extension qui la fait déjà.
Une extension (un « plugin », dans le jargon), c'est un module qu'on ajoute au site pour lui donner une fonction : une boutique, un formulaire, une prise de rendez-vous, un calculateur. C'est la grande force de WordPress : on assemble des briques existantes au lieu de tout redévelopper. Pour un besoin standard, c'est souvent la voie la plus rapide et la plus raisonnable économiquement, et je n'ai aucun intérêt à vous dire le contraire.
Ce que WordPress demande en retour
La contrepartie de cette liberté, c'est l'entretien. Un site WordPress, c'est un logiciel installé chez vous : il réclame des mises à jour régulières, du cœur du site comme de chaque extension. Laissé à l'abandon pendant deux ans, il devient lent, il finit par casser au premier changement, et il peut se faire pirater. Ce n'est pas un défaut de WordPress, c'est simplement la condition de tout logiciel qu'on possède.
Deuxième contrepartie : la qualité finale dépend énormément de ce qu'on empile dessus. Le même WordPress peut donner un site rapide et propre, ou une usine à gaz de trente extensions qui met plusieurs secondes à s'afficher sur mobile. Le mot « WordPress » sur un devis ne dit donc presque rien de ce que vous allez recevoir. Ce qui compte, c'est le thème choisi, le nombre d'extensions et la rigueur de celui qui monte le tout.
Concrètement, il faut prévoir quelqu'un pour l'entretien : vous, si vous êtes à l'aise et que vous avez le temps, ou un prestataire. Chez moi, la maintenance est proposée à partir de 35 € par mois et n'a jamais été obligatoire. L'essentiel est de faire ce choix consciemment, au moment du devis, plutôt que de découvrir dans deux ans que personne ne s'en occupait.
Le sur-mesure : pour qui, et quand c'est un gâchis
Un site sur mesure, c'est un site développé pour votre activité, sans modèle imposé ni cadre à respecter. De mon côté, je travaille avec des outils modernes (Next.js, React, TypeScript, si les noms vous parlent) qui produisent des pages très rapides et une base propre à faire évoluer. Il n'y a pas d'extensions à empiler ni de fonctions inutilisées qui traînent : ce qui est là, c'est ce que vous avez demandé, et rien d'autre.
Ça devient pertinent dans quatre cas. Quand vous êtes installé et que le site est un outil de travail, pas une carte de visite. Quand vous voulez quelque chose que les modèles ne savent pas faire. Quand vous tenez à ne dépendre d'aucun abonnement pour rester en ligne. Ou quand la vitesse et le référencement pèsent lourd sur votre chiffre d'affaires, parce que vous vous battez avec des concurrents sur les mêmes recherches.
Et voilà les cas où je vous dirai non, ou plutôt « pas maintenant ». Si votre budget global tient en quelques centaines d'euros : mes tarifs démarrent à 1 200 € pour un site vitrine, ce n'est pas fait pour vous. Si vous voulez être en ligne demain matin : je livre en deux à cinq semaines. Si vous testez une idée, gardez cet argent pour la tester. Et si votre besoin tient en trois pages classiques, un bon Wix ou un bon WordPress fera parfaitement l'affaire.
Le vrai calcul : trois ans, pas trois mois
La comparaison qu'on fait spontanément est faussée : on met face à face un petit montant mensuel et une somme payée en une fois, et forcément l'abonnement paraît indolore. Faites plutôt l'exercice sur trois ans, un âge très banal pour un site. Prenez le montant mensuel de la formule qui vous intéresse, ajoutez les options facturées à part, multipliez par trente-six. Comparez ensuite ce total au prix d'un site que vous payez une seule fois.
Je ne donne volontairement aucun tarif précis pour les plateformes : ils changent, ils dépendent de la formule, des modules et parfois d'une commission sur vos ventes. Faites le calcul avec vos vrais montants, en incluant tout : le domaine, les adresses e-mail professionnelles, les extensions payantes, le passage à la formule supérieure le jour où vous serez à l'étroit. Et acceptez le résultat même s'il ne m'arrange pas : pour trois pages qui ne bougeront plus, l'abonnement gagne souvent.
Il reste une ligne que ce calcul oublie toujours : ce qui se passe le jour où vous voulez évoluer. Ajouter une prise de rendez-vous, brancher votre logiciel de facturation, ouvrir une boutique. Sur une plateforme, c'est oui si c'était prévu, non sinon, et « non » signifie alors tout recommencer ailleurs. Sur une base que vous possédez, la réponse est presque toujours « c'est faisable, voilà le temps que ça prend ». Cette différence ne se voit pas au premier mois. Elle se paie au troisième anniversaire.
Louer ou posséder : la question qu'on ne pose presque jamais
Il existe une pratique dont on parle peu : des offres de site « à partir de tant par mois », sans frais de création, où le site reste la propriété du prestataire. Vous payez, il est en ligne. Vous arrêtez, il disparaît, et vous repartez les mains vides après trois ans de mensualités. Ce n'est ni illégal ni malhonnête en soi, à condition que ce soit dit clairement dès le départ. Le problème commence quand ça ne l'est pas, et que le client croyait acheter alors qu'il louait.
Alors posez la question, à moi comme à n'importe quel autre prestataire, avant de signer quoi que ce soit : si j'arrête demain, qu'est-ce qui me reste ? Le nom de domaine est-il déposé à mon nom ou au vôtre ? Puis-je récupérer le site et le confier à quelqu'un d'autre ? Chez moi la réponse tient en une phrase : le domaine, le code, les contenus, tout vous appartient dès la livraison, rien n'est verrouillé, et la maintenance à 35 € par mois reste facultative.
Si je devais résumer : une plateforme pour tester, débuter ou rester simple ; WordPress pour publier beaucoup et rester maître du navire, à condition d'assumer l'entretien ; le sur-mesure quand le site devient un outil de travail qui doit durer et évoluer avec vous. Si vous hésitez encore, écrivez-moi. Je regarde votre situation et je vous dis franchement laquelle des trois vous correspond, même quand la réponse n'est pas moi. Le devis est gratuit, le conseil aussi.
L'auteur
Pedro Tavares
Développeur web indépendant à Meaux depuis cinq ans. Je conçois et je code des sites pour des artisans, des commerçants et des indépendants de Seine-et-Marne. Pas d'agence, pas d'équipe : si vous appelez, c'est moi qui réponds.

