Vous voulez un site, vous demandez des devis, et vous vous retrouvez face à des propositions incomparables : des prix qui n'ont rien à voir entre eux, du vocabulaire que vous ne maîtrisez pas, et des promesses très rassurantes. Comment trancher quand on n'a aucun moyen de juger le travail ? Bonne nouvelle : on n'a pas besoin d'être développeur pour repérer un prestataire sérieux. Il suffit de poser les bonnes questions et de savoir quels signaux doivent faire ralentir. Voici les miens, y compris ceux qui peuvent me desservir.
Le vrai problème n'est pas technique
Vous n'avez pas à comprendre le code, pas plus que vous ne comprenez le moteur de votre voiture avant de choisir un garagiste. Le problème est ailleurs : un site, c'est un produit que vous ne pouvez pas essayer avant de l'acheter, et que vous aurez du mal à évaluer même une fois livré. Il est joli ? Tant mieux. Mais est-il rapide, bien structuré, trouvable, réparable dans deux ans ? Impossible à dire à l'œil nu.
C'est ce déséquilibre qui rend le marché du web bizarre. Dans un métier où le client ne peut pas vérifier, la parole vaut tout, et certains en profitent. Ça ne veut pas dire que la majorité des prestataires sont malhonnêtes : la plupart font correctement leur travail. Ça veut dire que vous devez remplacer une expertise que vous n'avez pas par une méthode que vous pouvez appliquer. Poser des questions précises, écouter la nature des réponses, et lire ce que vous signez.
Un détail rassurant : vous n'avez pas besoin de comprendre les réponses techniques pour juger. Ce qui compte, c'est la façon de répondre. Un prestataire qui vous explique dans des mots simples, qui reconnaît ce qu'il ne sait pas et qui met ses engagements par écrit est presque toujours un bon signe. Celui qui noie le poisson dans le jargon, ou qui promet monts et merveilles sans jamais entrer dans le détail, vous dit déjà beaucoup sur la suite.
Les six questions qui font le tri
Six questions suffisent, et aucune ne demande de compétence technique. La première : à qui appartiendront le nom de domaine, le code et les contenus ? La deuxième : que se passe-t-il concrètement si j'arrête de travailler avec vous dans deux ans ? La troisième : qui rédige les textes, et est-ce compris dans le prix ? La quatrième : combien me coûtera ce site après la mise en ligne, chaque mois et chaque année ?
La cinquième : qui va réellement travailler sur mon projet, et qui sera mon interlocuteur ? La sixième, la plus révélatrice : qu'est-ce que vous ne pouvez pas me garantir ? Un prestataire honnête a une réponse à cette dernière. Il vous dira qu'il ne maîtrise pas le classement Google, qu'il ne peut pas promettre un nombre de clients, qu'un site ne compense pas une offre bancale. Celui qui n'a aucune limite à vous donner n'a probablement pas réfléchi, ou ne compte pas vous le dire.
Posez-les par écrit, par mail. Ce n'est pas de la méfiance, c'est du bon sens : ce qui est écrit engage, ce qui est dit au téléphone s'oublie. Et observez le délai de réponse, la précision, le fait qu'on réponde à toutes les questions ou seulement aux plus faciles. Vous apprendrez plus sur votre futur prestataire en lisant ce mail qu'en regardant son portfolio.
« Première place sur Google garantie » : la promesse impossible
C'est le mensonge le plus répandu du secteur, et le plus facile à repérer. Personne ne contrôle le classement de Google, ni moi, ni une agence, ni le meilleur spécialiste du monde. Les résultats dépendent d'un algorithme privé qui change en permanence, de vos concurrents (qui travaillent aussi), et de facteurs que personne n'a en main. Garantir une position, c'est garantir le comportement d'une entreprise américaine sur laquelle on n'a aucun pouvoir.
La garantie tient rarement l'épreuve de la lecture attentive. On vous promet la première place, mais sur quelle recherche ? Souvent sur une expression que personne ne tape, du genre votre métier suivi de votre nom d'entreprise et de votre rue. Y arriver est facile : vous y êtes déjà. Sur les requêtes qui rapportent vraiment des clients, celles que vos prospects tapent réellement, aucune garantie n'est tenable, et celui qui la donne le sait.
Ce qu'un professionnel peut vous promettre, c'est un travail : une structure technique propre, des pages qui répondent aux recherches de vos clients, une fiche Google Business correctement remplie, du contenu utile. Autrement dit, une méthode et des moyens, pas un résultat chiffré. Chez moi, le référencement démarre à 500 €, et je vous dis dès le départ ce que ça peut faire et ce que ça ne fera pas. Si quelqu'un vous garantit une position, arrêtez la discussion là.
Le site « offert » contre abonnement : faites l'addition
L'offre est séduisante : zéro euro à la création, et un abonnement mensuel qui couvre tout. Sur le papier, vous ne sortez rien. En pratique, faites l'addition. Un abonnement, même modeste, multiplié par la durée d'engagement, donne un montant total. Comparez-le au prix d'un site payé une fois. Selon les offres, le total peut dépasser largement ce que vous auriez payé en achetant votre site, sauf que vous ne l'avez pas acheté.
Car c'est là le point. Un site « offert » n'est pas offert, il est loué. Vous payez l'usage, pas la propriété. Tant que l'abonnement tourne, tout va bien. Le jour où vous arrêtez, le site s'éteint, et souvent vous ne repartez avec rien : ni le code, ni les pages, ni parfois le nom de domaine, déposé au nom du prestataire. Des années de contenu et de référencement disparaissent en un clic qui n'est pas le vôtre.
Je ne dis pas que tout abonnement est un piège. Payer une maintenance mensuelle est parfaitement sain, à une condition : qu'elle soit séparée du site, facultative, et résiliable sans que le site disparaisse. C'est comme ça que je fonctionne : le site est payé une fois, il est à vous, et la maintenance à 35 € par mois est un service à part que vous pouvez refuser ou arrêter. Si vous l'arrêtez, le site reste en ligne.
Qui possède quoi : les quatre clés à vérifier
Un site repose sur quatre choses, et il faut savoir à qui appartient chacune. Le nom de domaine (votre adresse) : il doit être déposé à votre nom, avec vous comme titulaire, même si quelqu'un d'autre s'occupe des démarches. L'hébergement (l'endroit où le site est stocké) : le compte doit pouvoir vous revenir. Le site lui-même (le code, les pages, le design). Et les contenus : vos textes, vos photos, votre logo.
Le test est simple, et il tient en une phrase à poser telle quelle : « si je pars demain chez un autre prestataire, qu'est-ce que j'emporte ? » La bonne réponse est « tout ». La mauvaise réponse commence par « alors, en fait, c'est un peu plus compliqué ». Un domaine détenu par le prestataire, un site qui ne fonctionne que sur son outil, des contenus que vous ne pouvez pas récupérer : ce sont trois façons de vous rendre captif.
Attention : être captif n'est pas toujours volontaire. Certains prestataires déposent le domaine à leur nom par simple habitude, sans mauvaise intention. Le résultat est le même le jour où vous voulez partir, ou le jour où ils cessent leur activité. Demandez donc que votre nom figure comme titulaire du domaine, dès le départ, et gardez les accès de votre côté. Chez moi c'est la règle : domaine, code, contenus, tout vous appartient, et je vous remets les accès.
Les clauses à lire avant de signer
Un devis ou un contrat de site tient en quelques pages. Prenez vingt minutes, c'est le meilleur investissement du projet. Cherchez d'abord la durée d'engagement et la reconduction. Un engagement de plusieurs années sur un site vitrine mérite une explication. Une reconduction tacite mérite qu'on regarde le préavis : trois mois avant l'échéance annuelle, c'est un piège classique, parce qu'on y pense toujours trop tard.
Cherchez ensuite la clause de propriété intellectuelle. Elle doit dire noir sur blanc que le site vous est cédé, et à partir de quand (en général au paiement du solde). Cherchez la réversibilité : que récupérez-vous en cas de départ, sous quel format, dans quel délai, et à quel prix ? Cherchez enfin le périmètre : ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas, le nombre de retours prévus, et ce qui devient facturable en plus.
Et méfiez-vous de ce qui n'est pas écrit. Un devis d'une ligne, « création d'un site internet » suivi d'un montant, n'est pas un devis : c'est une note. L'absence totale de contrat n'est pas un gage de simplicité, c'est l'absence de recours. Une pression pour signer aujourd'hui, parce que « l'offre se termine ce soir », n'a aucun rapport avec un projet qui va durer des années. Un professionnel sérieux vous laisse lire, et vous laisse réfléchir.
Quand un freelance comme moi n'est pas le bon choix
Je vais vous donner des critères qui peuvent me faire perdre des projets, parce que c'est plus utile que de vous vendre à tout prix. Premier cas : votre projet mobilise plusieurs métiers en même temps (développement lourd, design d'interface poussé, contenu vidéo, publicité, gestion de communauté) et vous avez besoin qu'ils avancent en parallèle, pas les uns après les autres. Je suis seul. Une agence organisera ça mieux que moi.
Deuxième cas : vous avez besoin d'une continuité garantie. Un freelance tombe malade, part en vacances, a un imprévu. Si votre site est critique au point qu'une indisponibilité de quelques jours vous coûte cher, il vous faut une structure avec plusieurs personnes et une astreinte, pas un indépendant. Je suis transparent là-dessus : je réponds sous 24 à 48 heures ouvrées, ce qui convient à la grande majorité des entreprises, mais ce n'est pas une astreinte 24 h/24.
Troisième cas : un cahier des charges très lourd, avec des dizaines de fonctionnalités, des interconnexions avec vos outils métier, des contraintes de conformité épaisses. Ce type de projet demande une équipe, une gestion de projet dédiée et des relais. Ce ne sont pas mes projets, et je préfère le dire. Mon terrain, c'est le site vitrine, la refonte et la petite boutique pour les artisans, commerçants et indépendants de Meaux et du 77. Là, être seul devient un avantage : un interlocuteur, des décisions rapides, aucun dossier perdu.
Ce que vous êtes en droit d'exiger, de moi comme des autres
Voilà la grille, appliquée à moi pour que vous puissiez la vérifier. Un devis détaillé poste par poste, gratuit et sans engagement. Un prix annoncé avant de commencer : site vitrine à partir de 1 200 €, refonte à partir de 1 000 €, boutique à partir de 2 000 €, référencement à partir de 500 €. Un délai annoncé : deux à cinq semaines selon le projet. Une maintenance à 35 € par mois, facultative, qui n'éteint rien si vous l'arrêtez.
Et ce qui compte autant : aucune garantie de position sur Google, jamais. Le domaine à votre nom. Le code, les contenus et les accès qui vous appartiennent. Une réponse écrite sous 24 à 48 heures ouvrées. Et le fait de vous dire quand je ne suis pas la bonne réponse. Cinq ans à faire ce métier m'ont appris qu'un client mal orienté coûte plus cher qu'un projet refusé, aux deux parties.
Utilisez cette grille avec moi comme avec n'importe qui d'autre. Posez les six questions, lisez les clauses, vérifiez qui possède quoi. Si un prestataire de Meaux ou d'ailleurs coche toutes les cases mieux que moi, allez-y, c'est le bon. Et si vous voulez simplement un avis honnête sur votre projet avant de vous engager quelque part, écrivez-moi : l'échange et le devis sont gratuits, et je vous dirai franchement ce que je peux faire, ou pas.
L'auteur
Pedro Tavares
Développeur web indépendant à Meaux depuis cinq ans. Je conçois et je code des sites pour des artisans, des commerçants et des indépendants de Seine-et-Marne. Pas d'agence, pas d'équipe : si vous appelez, c'est moi qui réponds.
